Comment lutter contre la dépression efficacement et naturellement ?

A quel moment entre-t-on en dépression ? Seul un médecin pourra en faire le diagnostic officiel.
Mais certains signes vous mettront la puce à l’oreille.
Voici les principaux symptômes indiqués par le DCM IV, (Diagnostic and Stastitical Manual of Mental Discorders) qui est l’ouvrage médical de base pour le diagnostic des maladies mentales. : Humeur dépressive (sentiment de vide, de manque sans raison évidente), diminution de l’intérêt, troubles alimentaires et du sommeil, ralentissement moteur (gestes, paroles), difficulté de concentration, fatigue, baisse de l’estime de soi, idées noires (jusqu’à l’idée d’en finir avec la vie).

La dépression est une véritable ombre noire au tableau de nos vies.
Elle peut avoir un niveau de gravité très élevé.

lutter contre la dépression

Et nombre d’entre nous sommes concernés par cette maladie : Près d’une personne sur cinq rencontrera la dépression au cours de sa vie. Elle touche deux fois plus de femmes que d’hommes et hélas aussi beaucoup de jeunes également. Des troubles dépressifs se manifestent chez environ 3 % des enfants et 14 % des adolescents.

Lutter contre la dépression, c’est d’abord repérer au plus tôt les signes avant-coureurs

Il s’agit de réagir avant que la maladie ne soit vraiment installée.
Car justement, la dépression est une maladie de l’agir.
Avez-vous remarqué dans les symptômes cités plus haut combien la vie se ralentit et se fige quand la dépression s’installe ? (fatigue, manque de concentration, ralentissement moteur, absence de goût …).
Si vous vous sentez concernés par ces symptômes, ne les prenez pas à la légère.
Car ils s’entraînent et s’entretiennent les uns les autres et vous entraînent dans leur abîme infernal.

Lutter contre la dépression tant qu’il est encore temps, ou éviter les rechutes de dépression, c’est en réalité lutter contre ce cercle vicieux, faire en sorte de le désactiver au plus vite et au mieux.

Nous allons regarder comment neutraliser cet engrenage dépressif efficacement, avec des moyens naturels.
Il est plus facile d’intervenir quand les premiers signes apparaissent que lorsque la maladie est bien installée.
Ce que j’exprime ci-dessous est également possible bien entendu quand la dépression est là, mais la prise en charge sera plus délicate, un travail pluridisciplinaire entre divers spécialistes ( psychiatres, psychologues, infirmières, assistants sociaux, thérapeutes, sophrologues etc…) peut être nécessaire, ainsi que de la patience.
Dans tous les cas, gardez à l’esprit que les progrès ne sont pas linéaires mais suivent un parcours fait de hauts et de bas afin de ne pas en être découragé.

Ma clé numéro 1 pour lutter contre la dépression est la compréhension du processus

Réalisons tout d’abord que le sentiment dépressif a une bonne raison d’être là :
A force de se sentir sous pression, l’organisme se met en dépression ; c’est ce qu’il a trouvé de moins mal pour sa conservation.
Le passage en dépression est donc l’expression visible du besoin impérieux de sauver sa peau.
De là à trouver que la dépression est donc une bonne solution, il n’y a qu’un pas … que je vais franchir !
La dépression n’est pas positive en elle-même bien entendu, mais elle l’est dans l’intention qu’a l’organisme de réaliser une sauvegarde de l’ensemble de l’édifice-moi.
Accepter cela, c’est déjà amorcer un processus de réconciliation avec soi-même.
Et cette manière de regarder a une valeur énorme.
Nous arrêtons alors de nous battre contre nous-même. Nous entrons dans un partenariat avec nous-même lorsque nous acceptons de faire un pas de côté et se demander : de quoi cette déprime, passagère ou non, cherche à me protéger? Ou bien à quoi elle m’invite ?
On transforme alors le lutter contre en avancer avec, et ça change tout.

lutter contre la dépression
Image Pixabay

L’organisme pourra alors accepter que la dépression n’est peut-être pas seulement son ennemie; et les parties déprimées, se sentant reconnues, pourront se mobiliser davantage et participer à la réparation globale de l’être blessé.

 

Ma clé numéro 2 est le mouvement

Dans la dépression le lien est malmené; lien à son corps, lien aux autres.

Votre corps

Il est fondamental d’entendre et de respecter ses besoins en même temps qu’il est prioritaire de porter attention à l’excès d’immobilisme.
Raisonnez modestement, pensez petit. Je veux dire par là que de trop grands objectifs risqueraient de vous décourager.
Si par exemple, vous avez envie de rester au lit tous les matins et ne plus vous lever …

  • est-il possible de débuter la journée par quelques mouvements de respiration consciente par exemple ?
  • de mettre en place dans votre vie une activité physique progressive ?
  •  ou de passer par la médiation de la méditation qui respectera votre rythme tout en redonnant une vraie place à votre corps.
lutter contre la dépression
image 123RF

Une pratique régulière de méditation guidée, peut constituer un bon début de reprendre contact avec votre corps et votre environnement et vous prépare à passer à nouveau à l’action.

Vos relations

  • Si vous n’avez plus envie de voir personne par exemple, pouvez-vous accepter d’aller prendre un café une fois par semaine, puis petit à petit une fois par jour avec vos meilleurs amis. Ou bien vous donner un objectif téléphonique abordable.
    Demandez-vous, et choisissez quelles relations vous pourriez réactiver.
    Et s’il n’y a vraiment personne qui trouve grâce à vos yeux, pourquoi ne pas prendre un rendez-vous avec vous-même au travers de votre journal intime ?
    C’est un début, un dialogue avec vous-même qui vous met en mouvement.

Comme le dit la sagesse populaire tout grand chemin commence par un premier petit pas.

  • Lequel pourriez-vous mettre en place aujourd’hui pour réenclancher un mouvement dans votre vie, fusse-t-il minime ?
  • Et si plus aucun mouvement ne vous semble adéquat, serait-il posssible de « penser » le mouvement pour le jour où il sera éventuellement possible ?
    L’intention de le mettre en oeuvre pour le jour où vous vous sentirez prêt est déja une manière de bouger.

La 3e clé est la confiance

Si vous êtes sur le chemin de la dépression, votre capacité à faire confiance a peut-être été blessée.
Confiance en vous ? Confiance en l’autre ? Les deux sont liés.

Regardez dans votre vie les bonnes raisons que vous avez eues de faire confiance.
Remémorez-vous tout ce qui a pu être agréable à ce niveau dans votre vie. Valorisez ces moments en amplifiant dans votre corps le bien-être que cela vous procure. Même s’il est minime.
N’oubliez pas qu’il ne s’agit pas dans un premier temps de vous sentir pleinement épanoui, mais de remettre en route un mobilité, aussi modeste soit-elle. Esquisser un léger sourire peut être déjà beaucoup.
Retrouvez des raisons d’éprouver de gratitude et de la reconnaissance.

Qui pourriez-vous remercier aujourd’hui d’être intervenu dans votre vie ?
Vous n’y parvenez pas ? Pas de panique.
Le seul fait de vous poser la question est un acte positif que vous vous offrez à vous-même.
Un jour, une réponse surviendra, puis une autre.
Il y a une capacité à la pleine et juste confiance cachée au fond de nous. Un jour elle reviendra.
L’estime de vous-même et des autres sera réhabilitée.

  • Bien entendu, faire appel à un thérapeute peut être absolument déterminant sur votre chemin d’évolution. Vous pourrez apprendre à mieux accueillir vos émtions. Une source comme un traumatisme caché est peut-être en train d’alimenter votre depression. La trouver vous fera considérablement progresser vers la sortie de crise.
    Et bien sûr, retrouver du sens dans ce que l’on fait et dans sa vie sera un tremplin sûr vers la guérison.
    Là encore, c’est souvent le premier petit pas qui est à la fois le plus difficile et le plus important. N’hésitez pas à consulter les annuaires professionnels, ou vous faire conseiller. La psychothérapie, ça marche !
  • Une alimentation choisie renforcera les effets et les distribuera dans toutes les cellules de votre corps. (Aliments riches en Oméga 3, en vitamines B et en tryptophane; éviter les aliments raffinés et transformés).
lutter contre la depression
image Pixabay

Etape après étape …

Et si vous lisez ceci, que tout a été fait sur le plan médical si besoin, et que vous vous dites que non, décidément, rien ne vient. Que vous ne voyez vraiment aucun sens à ce qui vous arrive, que vous ne pouvez décidément pas bouger votre corps et que vous pensez que votre cœur est devenu insensible, alors, je vous invite à demeurer dans ce vécu, dans une forme de lâcher-prise. « Tiens ton âme en enfer et ne désespère pas  » disait Silouane le staretz.
Inévitablement à un moment peut-être inattendu, un filet de musique traversera votre univers brumeux, un  chaton viendra croiser votre regard, un paysage vous redonnera de la vigueur et votre humeur en sera transformée.
Votre cerveau retrouvera la faculté de générer les neuros trasmetteurs et hormones du bien-être (endorphines, dopamine et sérotonine …) et un cercle vertueux cette fois pourra se mettre en route.
Par le fait que vous en avez envisagé aujourd’hui la possibilité, vous saurez alors vous en saisir et poursuivre votre chemin de vie. renforcé de ces visites dans vos ténèbres, plus lucide et plus humain sans doute.

J’aimerais vous laisser avec ces deux pistes avant de conclure définitivement cet article :

  • Evaluer et faire évaluer par un professionel habilité le niveau de dangerosité afin d’être conscient de votre situation et d’agir en conséquence (y compris si l’action à mener, c’est de se faire prendre en charge pour un petit moment)
  • Anticiper la chute (ou la rechute) par des moyens efficaces et naturels : donner du sens, prendre soin de votre corps et de vos relations et si possible revoir votre alimentation.
    J’ajoute que vous êtes comme tout être humain une personne complexe et subtile. La réponse que je me dois de vous apporter l’est tout autant. Je pourrais dire que l’ensemble des propositions de « Bien dans sa tête » (le nom de mon blog) est une désactivation méthodique aux risques de (re)tomber en dépression. N’hésitez pas à en consulter les articles que je propose pour compléter celui-ci ainsi que les différentes ressources du blog.

Je vous souhaite le meilleur. Pensez à témoigner dans les commentaires ci dessous en particulier s’ils peuvent aider des lecteurs. (Je vous rappelle que vous pouvez tout à fait vous présenter sous un pseudonyme si vous le souhaitez).

 

 

 

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11 Commentaires

  • Pauline
    le 08:14h, 05 juin Répondre

    Merci Elisabeth pour cet article très positif sur un sujet au coeur de notre société. La manière d’écrire est parfaite ! Hâte de lire les prochains 😉

    • Elisabeth Aubret
      le 09:10h, 05 juin Répondre

      🙂 Merci Pauline
      Oui hélas, beaucoup trop présente au coeur de notre société.
      Cherchons donc les remèdes sans relâche.et entraidons-nous.
      A bientôt !

  • Mireille
    le 15:25h, 05 juin Répondre

    Bonjour Elisabeth
    Merci d avoir choisi ce sujet,ayant toujours eu un tempérament dépressif,je me sens concernée .Pour moi avec des hauts et des bas jai toujours vécu ainsi et je le regrette .Car au début de cette souffrance et tout au long il y avait des choses à faire.Peut être aurais je eu une autre vie…
    J ai attendu trop d aides extérieures dont j avais besoin à certains moments mais à d autres moments les réponses étaient en moi mais je n ai pas su ou pas pu les trouverJe me suis enfermée
    Bien entendu je parle de moi,nous pouvons être très différents les uns des autres.La maladie elle même est différente selon les personnes .Ceci n est qu un témoignage très personnel
    Il me semble que ce que j ai écrit paraît bien négatif aussi je dirais qu aujourd’hui avec ce petit tempérament j essaie d aller de l avant et qu il y a et qu il y aura de bons moments
    À bientôt

    • Elisabeth Aubret
      le 16:23h, 05 juin Répondre

      Merci Mireille pour ton si touchant témoignage.
      Je t’invite à regarder ce qui est fait actuellement (les livres d’Eckart Tolle par exemple) sur l’instant présent.
      Cela devrait pouvoir t’aider.
      Nous pouvons en reparler, n’hésite pas.
      Oui, il y aura des bons moments !
      Belle route à toi 🙂

  • MA
    le 20:59h, 05 juin Répondre

    Bonjour,
    très bel article qui me fait naître l’image de la dépression comme une ornière sur le chemin. Il ne faudrait pas ignorer la beauté du chemin, le paysage, les sons de la nature, la douceur des gouttes de pluie parce qu’on est provisoirement embourbé dans l’ornière. Et comme lorsqu’on s’embourbe, on peut prendre le temps, de considérer la situation, sans dramatiser, et de trouver les ressources pour se dégager. J’aime aussi cette image de l’être humain , lotus et boue à la fois.
    Je vous remercie Elisabeth pour cette sagesse dévoilée.

    • Elisabeth Aubret
      le 21:52h, 05 juin Répondre

      Ma, c’est si beau ! Puissions-nous faire cela !
      La nature entière nous crie la vie et pris dans nos ornières, nous nous replions, nous l’oublions.
      Je fais le voeu que tous ceux qui ont lu votre message s’en souviendront aux jours de peine.
      Je tacherai moi même de m’en souvenir.
      Merci pour ce cadeau.

  • Jacqueline
    le 21:38h, 05 juin Répondre

    De tels articles enchantent nos journées et permettent d’avancer lentement ou plus rapidement selon chacun…………..La route peut être belle, c’est selon! Merci

    • Elisabeth Aubret
      le 09:26h, 06 juin Répondre

      Merci pour ce bel encoragement pour moi Jacqueline, et merci de nous rappeler qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais rythme.
      On ne tire pas sur une fleur pour la faire pousser 🙂
      Belle sagesse.

      • Marie Christine
        le 07:52h, 07 juin Répondre

        « On ne tire pas sûr une fleur pour la faire pousser » ho comme cette phrase a de sens pour moi, ne pas se forcer, mais bien entretenir ses racines , respirer un air pur , se nourrir de se que la Terre nous offre et connaître des personnes comme toi Elisabeth qui entretienne notre coeur bisous du fond du marie Christine

  • Michelle Lagrange
    le 07:24h, 06 juin Répondre

    Merci à toutes les personnes qui ont laissées un commentaire car essayer de se comprendre et parfois sortir des ténèbres,c’est en effet comprendre l’être humain et sa splendeur…mais parfois l’ombre est envahissant
    Partager et témoigner nous permet justement de se « tendre un peu la main »sans se connaitre mais qu’importe……..c’est ce lien le plus important,merci a vous Elisabeth,d’en être le vecteur
    Alors belle journée à toutes et tous!!!!!!!

    • Elisabeth Aubret
      le 09:31h, 06 juin Répondre

      C’est en effet un vrai trésor que nous nous donnons en partageant de la sorte
      Ces mains tendues en propos échangés m’enchantent
      Ravie d’en être le vecteur !
      Très belle journée à toi également Michelle

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